C’est dans l’exubérance d’un Berlin en pleine reconstruction que Gernot Bronsert et Sebastian Szary se sont rencontrés. Très vite, les deux jeunes ex allemands de l’est enflamment les dancefloor underground berlinois avant de passer aux live acts. Leur carrière prend son essor à partir de 2001 lorsqu’Ellen Allien les découvre et les signe sur son label BPitch control. Très vite ils sortent quelques maxis et EP’s très remarqués et participent à des expériences artistiques avec des installations sonores dont une fut exposée au Centre Pompidou.
En 2005, ils sortent leur premier album « Hello Mom » qui fait l’effet d’une véritable déflagration sur la scène électronique et même au-delà tant leur musique est créative flamboyante et éclectique. Ils jouissent d’une reconnaissance du monde de la musique en son ensemble. Tom Yorke, leader charismatique de Radiohead déclare même à lla télévision son amour pour ce duo.
En 2007, ils sortent leur 2ème effort « Happy Birthday », dans la lignée d’ « Hello mom ».
En 2009, il collaborent avec leur compatriote berlinois, le planant Apparat pour sortir sous le nom de Moderat un album éponyme entièrement analogique qui fut diversement reçu par la critique.
Il a fallu attendre 4 ans pour voir Modeselektor sortir un nouvel album et on peut dire qu’ils étaient attendus au tournant.
Comme pour leur deux précédents albums leur musique est inclassable : très influencés par le dubstep et la bass-music on explore au fil des titres des univers tels que la pop, l’électro, le hip-hop voir même la soul. Tout comme pour toutes leurs sorties, Monkeytown se distingue par le nombre d’artistes invités à collaborer avec le duo : on pourra citer, l’incontournable Tom Yorke (sur 2 titres, sans doute les meilleurs de cet album), Busdriver, Antipop Consortium, leur pote Otto Von Schirach, ou encore Miss Platinum.
A la première écoute cet album m’a laissé plutôt froid, tant il m’a apparu linéaire et un peu mou par rapport à leurs deux autres sorties plus flamboyantes, exhubérantes et disons-le par moment bordéliques. Cependant Monkeytown s’est très vite révélé comme étant un effort plus cohérent, posé et disons-le, mâture et de fait, plus accessible.
Bref, un album à se procurer.